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24 décembre 2010

Oui à l’autopartage, non à la voiture en libre service !


Avec le lancement d'Autolib, 3000 véhicules supplémentaires vont se déverser dans les rues de Paris. Les éluEs EELVA du Conseil de Paris ont annoncé mardi dernier qu'ils étaient réservés quant à l'intérêt -notamment écologique- de cette nouvelle offre de déplacement automobile. Cinq raisons sont mises en avant :

1) Ce nombre imposant de voitures en libre service va réorienter vers l’automobile ceux qui avaient fait le choix d’utiliser les transports en commun ou le vélo (et Vélib' en particulier). Rappelons qu’entre 2001 et 2009 le nombre de voitures sur Paris a chuté de 25%. La voiture doit être un mode de déplacement accessoire en ville et non pas un mode de déplacement habituel. Il est donc préférable de développer les transports en commun et l'autopartage, un système très efficace qui permet de réserver une voiture (pour un usage occasionnel et de courte durée) une heure auparavant et de la ramener sur le lieu où on l'a prise, pour un abonnement modique.

2) Le système Autolib’ n’est pas accessible à ceux qui utilisent leur voiture tous les jours pour travailler (disponibilité des véhicules aléatoire), mais à ceux qui utilisent la voiture de façon impulsive parce que l'offre est disponible.

3) Les Parisiennes et Parisiens vont devoir payer sur leurs impôts, un minimum de 50 000 euros par station (il y en aura 1000 dans un premier temps) auquel il faut ajouter le coût de chaque véhicule et son entretien.

4) Concrètement, on ignore encore le dispositif qui sera mis en place pour éviter les stations trop vides et trop pleines, mais le recours à des "jockeys" qui ramèneraient les automobiles vers les stations vides ne peut qu'ajouter de la circulation inutile et de la congestion, le tout à un coût très élevé.

5) La voiture, même électrique, est polluante (recyclage des batteries…). Le temps de rechargement des batteries (4 heures) s'effectuera notamment en fin de journée durant les pics de consommation, encourageant le recours à l'énergie nucléaire, à la production de centrales thermiques très polluantes et à l'importation d'électricité. Ce n’est donc pas non plus un mode de déplacement écologique.

Une étude d’impact environnemental préalable devrait bientôt le vérifier pour Autolib’. Denis Baupin, adjoint au Maire en charge du développement durable, l’avait demandée en Conseil de Paris ; il attend désormais les résultats avec impatience. « L’étude doit porter sur la pollution de l'air, les émissions de gaz à effet de serre et la consommation d'énergie. Elle comparera l'impact d'Autolib’ à celui qu’aurait eu l’autopartage si on l’avait développé avec autant de moyens ».

Reste des alternatives simples et beaucoup moins coûteuses à Autolib’. Jacques Boutault, maire EELV du 2e arrondissement, le rappelle : « Savez-vous qu'il existe déjà 15 000 voitures en libre service à Paris ? Cela s’appelle des taxis ! Travaillons plutôt à augmenter leur nombre et à faciliter leur fonctionnement, par la mise en place de la carte multimodale ‘Pass mobilité’ qui permet d’avoir un abonnement transports en commun, Vélib’, taxi, etc. »

11 novembre 2009

Oui à l'autopartage, non à autolib'


Le 9 novembre, la Mairie du 14e a présenté les implantations des stations Autolib. Retour sur les questions que pose ce projet...


Pourquoi les Verts sont-ils opposés au projet Autolib ?

Autolib n'est une réponse ni originale, ni adéquate au problème actuel des transports à Paris. Là où il faudrait redonner une partie des espaces de voirie aux cyclistes, aux piétons, aux transports en commun ou pour le stationnement, Autolib réduit de façon importante cet espace pour installer ses stations.

Autolib, c'est rajouter du trafic au trafic. Toutes les études le montrent : ce sont les personnes qui ne possèdent pas de voitures qui utiliseront Autolib, ce qui entrainera une plus grande saturation du trafic et des émissions supplémentaires de gaz à effet de serre.

Et puis, l’expérience de Vélib permet d’anticiper certains dysfonctionnements. Tous les jours, des bornes vides de vélos sont réapprovisionnées par des camions. Imaginons la même chose avec des voitures : est-on prêts à accepter la pollution de semi-remorques pour déplacer des voitures vides dans Paris ? Enfin, ce système coûte extrêmement cher pour un apport en qualité de vie dont on peut douter. Autolib est le contraire d’une politique de développement durable de la ville !

Pourtant des voitures électriques, c’est écologique ?
En ce qui concerne le véhicule électrique, nous ne savons toujours pas traiter les batteries usagées. De plus, la généralisation de la voiture électrique individuelle en France nécessiterait 30 nouveaux réacteurs nucléaires. C’est plus un cadeau fait aux industriels qu’une réelle avancée
environnementale…
Que proposent les Verts ?
Autolib va couter à l’usager à peu près autant qu’une course en un taxi intra-muros ! Nous pensons qu’il est plus logique d’améliorer et de rendre plus propre la flotte des taxis parisiens insuffisante par rapport à la demande. Avec le budget d’Autolib, nous préférerions développer les transports en commun et les espaces réservés aux piétons et aux cyclistes.
Enfin, nous proposons d’encourager le vrai auto-partage, comme cela existe déjà dans notre arrondissement avec Caisse Commune et Okigo. Ces sociétés louent des véhicules partagées à leurs adhérents le temps d’un trajet.

21 avril 2009

Autolib, chronique d’un échec annoncé…


En dix jours, le projet de voitures en libre-service porté par Bertrand Delanoé a pris du plomb dans l’aile. Vendredi dernier, le préfet de région refusait de valider la création du syndicat mixte initialement chargé de la mise en place du service en Ile-de-France. «Un syndicat incontournable», note Le Parisien du 11 avril, puisque sans lui, Autolib' serait strictement limité à Paris intra-muros, et «présenterait alors beaucoup moins d'intérêt». Rappelons que, de toute façon, plusieurs communes de première couronne ont refusé de faire partie de ce syndicat, au motif qu’il leur fallait débourser 50 000€ par station et que cette somme serait peut-être plus utilement utilisée dans le développement des transports collectifs. De quoi rendre déjà peu cohérent ce réseau de voitures.

La Région au secours de l'écologie, Delanoé obstiné.

Un peu plus tard, toujours selon le Parisien, c’est le président PS de la Région, Jean-Paul Huchon, qui s’apprêterait à refuse le concours financier de l’Ile-de-France, appelé au secours pour suppléer le peu d’entrain des communes, notamment les plus pauvres, à participer à ce qui ressemble de plus en plus à un luxe de gens riches.
Il se dit dans les couloirs de l’Hôtel de Ville que le maire s’obstine malgré un projet mal ficelé, une idée politique sans réalisme, que de moins en moins de techniciens soutiennent.

Des problèmes de fond.

Pour une fois, les bruits de couloir pourraient être frappés du sceau du bon sens. Autolib se heurte en effet à de nombreux obstacles techniques, écologiques et financiers. Techniquement, par exemple, on ne sait pas recharger une batterie en 30mn. Il faut entre 4 et 5 heures, ce qui pose un sérieux problème pour que la flotte soit suffisante pour permettre de répondre à la demande.
Ecologiquement, les études montrent que le report de personnes disposant d’un véhicule vers Autolib sera relativement limité. En revanche, cela crée une offre supplémentaire, concurrente du transport en commun sur des distances moyennes. Donc un risque certain de renforcer la saturation du trafic, et les émissions de gaz à effet de serre. Par ailleurs, quand on regarde comment fonctionne Vélib, on s’aperçoit d’un dysfonctionnement fréquent : des bornes entièrement vides dans les lieux de résidence, des bornes entièrement pleines sur les lieux de travail, avec en plus le réapprovisionnement qui entraîne la circulation de vélos sur des camions. Imaginons la même chose avec des voitures, mêmes petites ! Des semi-remorques pour déplacer des voitures vides (et déchargées) dans Paris ?

Le retour à la raison ?

Enfin, si l’on ajoute à cela le coût du système, tout plaide ou presque pour l’abandonner, raisonnablement. A la place, pourquoi ne pas aider le vrai auto-partage (des sociétés coopératives qui achètent des véhicules partagées par leurs adhérents) ? Et participer un peu plus activement au développement des transports collectifs en première couronne ? Et continuer d’encourager par des aménagements satisfaisants la pratique du vélo ?
Bref, faire du déplacement durable.
Voir le débat sur le site du Monde
Voir le dossier de presse d'Autolib sur le site de la ville de Paris