28 décembre 2011

Fin de l'enquête publique sur la Tour Triangle



L'enquête publique pour la révision simplifiée du Plan Local d'Urbanisme qui permettrait de réaliser la Tour Triangle, porte de Versailles, a pris fin mardi 20 décembre.



Voici le texte que j'ai adressé au commissaire enquêteur, M. Lemasson.






A l'issue de cette enquête, le commissaire enquêteur dispose normalement de deux mois pour remettre son rapport.



Le Conseil de Paris sera alors saisi, selon la teneur de ce document, pour lever des réserves et approuver la révision simplifiée. Mais espérons que le commissaire enquêteur suivra la position des nombreux Parisien-ne-s mobilisés pour cette enquête, et rendra un avis négatif. On jugera alors de la volonté du maire et de sa première adjointe à écouter leurs concitoyens...



26 mai 2011

L'Espagne réinvente la démocratie directe



L'expérience formidable du mouvement indignados en Espagne, vue par Eva Botella-Ordinas sur le site La vie des Idées. Et de se dire : "qu'attendons nous pour faire bouger enfin, et vraiment, notre vieille République ?"

19 mars 2011

La semaine du développement durable durera 15 jours dans le 14e !



La semaine du développement durable a lieu cette année du 1er au 7 avril. Vous trouverez sur le lien ci-dessous le programme des réjouissances dans le 14e, que j’ai organisé avec Sihame, qui bosse au cabinet du maire sur mes délégations.
http://mairie14.paris.fr/mairie14/jsp/site/Portal.jsp?document_id=17718&portlet_id=1387
On présentera notamment une très belle expo sur la glace et le grand nord. En espérant que l’on puisse encore longtemps les photographier (plusieurs conférences mettront en avant les pressions économiques et écologiques qui s’exercent sur ces derniers grands territoires sauvages de la planète).
On aurait voulu faire encore plus, le partenaire avec lequel on espérait monter un forum à la Cité U n'a pas pu nous aider cette année.


On organise quand même, grâce au service de l'écologie urbaine de la Ville de Paris une promenade sur l’écologie urbaine organisée par les services de l’environnement de la ville le dimanche 3.
J’espère vous y retrouver.

4 janvier 2011

Notre modèle actuel de croissance crée des dommages irréversibles sur l'environnement


Retour sur l'interview dans le Monde de ce professeur et chercheur à l'université du Surrey (Grande-Bretagne), par Hervé Kempf.


Tim Jackson est un économiste atypique. En 2000, il devient le titulaire de la première chaire de développement durable créée au Royaume-Uni, à l'université de Surrey. Il y fonde aussi une unité de recherche croisant l'économie, la psychologie et la sociologie.
En 2004, nommé à la commission du développement durable créée par le gouvernement de Tony Blair, le chercheur dirige le travail du groupe "Redefining Prosperity" qui le conduit à écrire Prospérité sans croissance, livre publié en 2007 au Royaume-Uni, et deux ans plus tard en France (De Boeck). C'est l'un des ouvrages d'économie environnementale les plus marquants de ces dernières années. Alors que 2011 débute, M. Jackson livre son pronostic sur la croissance et sur les moyens de faire évoluer le modèle économique actuel, qu'il critique largement.

La croissance peut-elle reprendre en 2011 ?

En ce qui concerne les économies occidentales, la réponse est probablement non. Les mécanismes destinés à maintenir la croissance ont fragilisé le système économique en développant un endettement toxique qui a conduit à l'effondrement des marchés financiers. Or les éléments de cette dynamique de crise restent à l'oeuvre aujourd'hui, car l'expansion monétaire illimitée est par nature instable. De surcroît, le prix du pétrole repart à la hausse.
L'autre aspect de la question est de savoir si l'on peut poursuivre la croissance sans dommages environnementaux irréversibles, sachant que nous vivons dans un monde fini. Pour y parvenir, il faudrait découpler la croissance de la production matérielle, créer de la valeur économique non dans les biens, mais dans les services : loisir, santé, éducation...

Est-ce la tendance suivie jusqu'à présent ?

Non. Les progrès d'efficacité énergétique restent inférieurs à l'expansion de l'économie. De même, les tendances en ce qui concerne la forêt, l'eau ou l'érosion des sols vont dans le mauvais sens. Depuis vingt ans, le discours officiel proclame que la technologie, en dématérialisant l'économie, va résoudre l'impact environnemental négatif de la croissance. Mais ce découplage ne se produit pas. Le niveau de technologie nécessaire pour y parvenir est irréaliste. Ce n'est pas très populaire de le dire, mais la technologie ne peut plus être considérée comme la solution à nos difficultés.

La croissance verte est-elle une piste crédible ?

Il est bien sûr utile d'investir dans une meilleure productivité des ressources et dans les technologies faiblement carbonées. Mais il n'empêche, on retombe toujours sur le même problème : -quelle croissance pouvons-nous atteindre grâce à ces technologies ? Si vous n'analysez pas en profondeur la dynamique du système, vous faites des hypothèses irréalistes sur l'efficacité de la technologie

Quelle solution proposez-vous ?

Notre culture repose sur un appétit continu pour la nouveauté, qui est le langage symbolique des objets. Nous avons encouragé systématiquement le comportement individualiste et matérialiste. Cette psychologie collective est indispensable au modèle actuel, car si les dépenses baissent, il s'écroule. Mais en récession, par exemple, il est à noter que les gens épargnent davantage spontanément, ce qui pénalise le système. Cette épargne supplémentaire - qui se traduit par une moindre consommation - prouve que le modèle économique actuel peut être en contradiction avec le comportement des gens. En fait, l'altruisme est aussi présent chez l'homme que l'individualisme. De même, la course à la nouveauté est en conflit avec le souhait de beaucoup de se satisfaire de l'existant. Dans ces conditions, pourquoi privilégier ce côté individualiste du consommateur, qui n'est qu'une part de la psyché humaine, et l'encourager systématiquement ?

Comment remodeler le système économique ?

Il faut suivre trois démarches. La première est d'admettre que l'expansion économique a ses limites. Nous savons que nos ressources ne sont pas infinies, nous connaissons et mesurons l'impact écologique de nos modes de vie, nous devons donc définir les règles d'une économie fonctionnant dans ce cadre.
La deuxième est de réguler le marché financier, et plus largement la façon dont nous envisageons l'investissement et le profit. Les capitalistes distribuent le profit comme ils le souhaitent. Mais il faudrait mesurer ce dernier autrement - pas seulement en termes financiers, mais aussi en prenant en compte le social et l'environnemental - et le ramener au bénéfice de la communauté.
Le troisième point vise à changer la logique sociale. Le gouvernement peut agir en modifiant la structure des incitations, en fournissant aux gens les moyens de s'épanouir autrement, d'une façon moins matérialiste.

Mais cela peut-il permettre de combattre le chômage ?

Le capitalisme actuel poursuit l'augmentation continue de la productivité du travail, si bien qu'on produit la même chose avec toujours moins de gens. Si vous acceptez cette idée que la hausse de la productivité est la clé du progrès économique, vous n'avez que deux options : l'une c'est d'avoir moins d'emplois dans l'économie, l'autre est d'en avoir autant, ce qui signifie toujours plus de croissance - qui se heurte aux limites des ressources et de l'environnement. Le choix est donc soit de conserver la croissance de la productivité et d'admettre par conséquent qu'il y aura moins de travail dans l'économie, ce qui signifie la mise en place de politiques de réduction du temps de travail ; soit opter pour la fin de la hausse de la productivité, et développer les services sociaux - éducation, aide sociale, maintien des espaces publics, rénovation des bâtiments, etc.
Ces activités sont naturellement intensives en travail : leur qualité ne s'améliore pas par une augmentation de la productivité, au contraire. Si l'on suit ce choix, il y aura certes une baisse des profits, et moins de productivité telle qu'elle est conventionnellement mesurée, mais plus d'emplois...

24 décembre 2010

Oui à l’autopartage, non à la voiture en libre service !


Avec le lancement d'Autolib, 3000 véhicules supplémentaires vont se déverser dans les rues de Paris. Les éluEs EELVA du Conseil de Paris ont annoncé mardi dernier qu'ils étaient réservés quant à l'intérêt -notamment écologique- de cette nouvelle offre de déplacement automobile. Cinq raisons sont mises en avant :

1) Ce nombre imposant de voitures en libre service va réorienter vers l’automobile ceux qui avaient fait le choix d’utiliser les transports en commun ou le vélo (et Vélib' en particulier). Rappelons qu’entre 2001 et 2009 le nombre de voitures sur Paris a chuté de 25%. La voiture doit être un mode de déplacement accessoire en ville et non pas un mode de déplacement habituel. Il est donc préférable de développer les transports en commun et l'autopartage, un système très efficace qui permet de réserver une voiture (pour un usage occasionnel et de courte durée) une heure auparavant et de la ramener sur le lieu où on l'a prise, pour un abonnement modique.

2) Le système Autolib’ n’est pas accessible à ceux qui utilisent leur voiture tous les jours pour travailler (disponibilité des véhicules aléatoire), mais à ceux qui utilisent la voiture de façon impulsive parce que l'offre est disponible.

3) Les Parisiennes et Parisiens vont devoir payer sur leurs impôts, un minimum de 50 000 euros par station (il y en aura 1000 dans un premier temps) auquel il faut ajouter le coût de chaque véhicule et son entretien.

4) Concrètement, on ignore encore le dispositif qui sera mis en place pour éviter les stations trop vides et trop pleines, mais le recours à des "jockeys" qui ramèneraient les automobiles vers les stations vides ne peut qu'ajouter de la circulation inutile et de la congestion, le tout à un coût très élevé.

5) La voiture, même électrique, est polluante (recyclage des batteries…). Le temps de rechargement des batteries (4 heures) s'effectuera notamment en fin de journée durant les pics de consommation, encourageant le recours à l'énergie nucléaire, à la production de centrales thermiques très polluantes et à l'importation d'électricité. Ce n’est donc pas non plus un mode de déplacement écologique.

Une étude d’impact environnemental préalable devrait bientôt le vérifier pour Autolib’. Denis Baupin, adjoint au Maire en charge du développement durable, l’avait demandée en Conseil de Paris ; il attend désormais les résultats avec impatience. « L’étude doit porter sur la pollution de l'air, les émissions de gaz à effet de serre et la consommation d'énergie. Elle comparera l'impact d'Autolib’ à celui qu’aurait eu l’autopartage si on l’avait développé avec autant de moyens ».

Reste des alternatives simples et beaucoup moins coûteuses à Autolib’. Jacques Boutault, maire EELV du 2e arrondissement, le rappelle : « Savez-vous qu'il existe déjà 15 000 voitures en libre service à Paris ? Cela s’appelle des taxis ! Travaillons plutôt à augmenter leur nombre et à faciliter leur fonctionnement, par la mise en place de la carte multimodale ‘Pass mobilité’ qui permet d’avoir un abonnement transports en commun, Vélib’, taxi, etc. »

12 décembre 2010

Cancun : Un grand bond pour le multilateralisme, un petit pas pour le climat


Le sommet de Cancun s’est achevé hier. Retour de Greenpeace pour un bref bilan du sommet de l'avant-dernière chance...


Il aura permis de sauver le processus de négociation multilatéral et international, mais pas le climat, qui reste pour le moment au bord de la route. Si certains avaient prédit la mort du processus, les gouvernements ont montré qu’ils peuvent coopérer et avancer ensemble, d’un petit pas, en direction d’un accord mondial.

La question clé du financement a progressé
Cet enjeu majeur marque un progrès : les gouvernements ont mis en place un fonds destiné à livrer les miliards dont les pays en développement ont besoin pour lutter contre les changements climatiques et la déforestation.
Mais si le fonds est acté, le mécanisme pour fournir l’argent nécessaire, lui, n’a pas été décidé… C’est donc pour le moment une coquille vide !

Une volonté de réduire les émissions liées à la destruction des forêts tropicales
Un mécanisme est adopté, qui, bonne nouvelle, prend en compte la préservation de la biodiversité et les droits des populations forestières. En l’état, le texte n’offre cependant pas toutes les garanties d’efficacité et d’intégrité environnementales : une disposition de l’accord pourrait permettre aux pays forestiers de ne sélectionner que certaines de leurs forêts, au lieu d’une approche nationale. Cette disposition risque donc de permettre de déplacer le problème de la déforestation d’une région à l’autre du pays !Côté financement, notons que la référence au marché carbone et supprimée : une bonne nouvelle pour les forêts et le climat. Le lobby américain des énergies fossiles a donc perdu sur ce point !

Les chausse-trapes des grands pollueurs encore nombreux
Des progrès plus significatifs auraient pu être réalisés à Cancun, sans l’influence néfaste des Etats-Unis, du Japon et de la Russie. Car les déclarations de ces deux derniers pays contre la prolongation du protocole de Kyoto ont plombé le déroulement des négociations. Les Etats-Unis, quant à eux, sont arrivés à Cancun avec des engagements faibles, alors que ce sont eux qui sont, historiquement, responsables des plis grandes émissions ! Ces pays ont tiré vers le bas de nombreux volets des négociations et jeté le doute sur le potentiel de la conférence.

La France à la traîne
Elle est arrivée en retard, et les mains vides … Nathalie Koosciusko-Morizet n’a pas voulu s’associer à ses homologues européens (espagnol et portugais) qui ont annoncé à Cancun leur soutien au passage de 20% à 30% de l’objectif européen de réduction des émissions d’ici à 2020. Par cette annonce ces deux pays rejoignent le Royaume-Uni, le Danemark, le Parlement européen, mais aussi plus d’une quarantaine d’acteurs économiques majeurs tels qu’ Unilever, Allianz, Danone ou Google !
La France, par la voix de NKM, a choisi de freiner les ambitions climatiques de l’Europe. Cette perspective est insoutenable, et la France doit soutenir l’initiative du passage de 20% à 30% de manière inconditionnelle !

La perspective Durban
A Durban, en Afrique du Sud, dans un an, nous aurons besoin d’un accord mondial qui aide les pays à construire une économie verte et tienne les pollueurs pour responsables.Le chemin à parcourir est encore semé d’embûches et partout, à travers le monde, la société civile doit mettre la pression sur les décideurs politiques pour de réels changements, aux niveaux nationaux, et à l’international !

9 décembre 2010

Patrimoine : la fondation Deutsch de la Meurthe


La Région vient de publier un « Parcours du patrimoine » sur la première résidence de la Cité universitaire de Paris.


Rencontre avec son auteur, Brigitte Blanc, chercheur au service Patrimoines et inventaire.


La Cité U : « un patrimoine monumental et naturel d’un intérêt exceptionnel »

Pourquoi la Région a-t-elle choisi d’étudier la Cité universitaire ?

Créée en 1925, la Cité internationale abrite une quarantaine d’édifices représentatifs des principaux courants architecturaux qui ont marqué le XXe siècle : le promeneur y voit défiler des bâtiments d’inspiration régionaliste (par exemple les façades flamandes de la fondation Biermans-Lapôtre, un château néo-Louis XIII imité de Fontainebleau qui abrite la Maison Internationale), des pastiches exotiques comme la maison du Japon ou la fondation Marie Nubar (synthèse de l’architecture religieuse arménienne). Il y découvre aussi quelques fleurons de l’avant-garde architecturale, dont plusieurs sont protégés au titre des monuments historiques : la Fondation suisse construite par Le Corbusier en 1932, le Collège néerlandais, seule réalisation française de l’architecte Dudok ou la Résidence Avicenne, dernier bâtiment édifié à la Cité et particulièrement innovant sur le plan constructif. Cette collection d’architectures originales est disséminée dans un parc de 34 hectares aménagé sur des plans du grand paysagiste Jean-Claude Nicolas Forestier et doté de plus de 400 essences végétales différentes. Le tout constitue un patrimoine monumental et naturel d’un intérêt exceptionnel, dont la Région et la Cité internationale souhaitent préserver et diffuser la mémoire, ce qui suppose qu’il soit dans un premier temps étudié de façon approfondie.

La Cité universitaire compte au total 36 pavillons. Chacun d'entre eux fera-t-il l'objet d'une étude ?

Pour établir l’inventaire de ce patrimoine, une convention de partenariat a été signée entre la Région et la Cité internationale ; elle prévoit la mise en commun de moyens matériels et humains et a été signée pour une durée de 5 ans. C’est un laps de temps relativement court pour l’étude d’un ensemble aussi riche et diversifié, et chaque pavillon ne pourra pas faire l’objet d’une analyse aussi fouillée que la fondation Deutsch de la Meurthe ; celle-ci s’explique notamment par l’existence, pour cette maison, d’une documentation très abondante, qui fait défaut dans d’autres cas, en particulier pour les maisons postérieures à la seconde guerre mondiale, ce qui permettra de faire l’économie d’une longue phase de recherche.

« L’archétype des futures résidences de la Cité »


Pourquoi avez-vous commencé votre étude par la fondation Deutsch de la Meurthe ? Inaugurée en 1925, la fondation Deutsch est la première résidence de la Cité. Elle en constitue en quelque sorte la « cellule-mère » et marque le point de départ de sa création. Son programme a inspiré l’aménagement de l’ensemble du site et a servi de modèle aux autres maisons. Pour se familiariser avec l’histoire de la Cité, il était donc logique de se pencher en premier lieu sur cette réalisation qui a été conçue comme l’archétype des futures résidences de la Cité.


Où et comment avez-vous mené vos recherches ?

L’étude a commencé comme toujours par de longues recherches en bibliothèque et dans les fonds d’archives : Archives de Paris et surtout Archives nationales, où la CIUP a versé en 2009 environ 370 mètres linéaires, ce qui est un volume particulièrement conséquent ! Ce fonds est constitué des dossiers de la Fondation nationale chargée de gérer la Cité, des maisons qui la composent, de son théâtre… Il permet d’illustrer chacun des volets de l’étude : projet intellectuel dans le contexte pacifiste de l’entre-deux-guerres, aménagement urbain après la démolition des fortifications, histoire du projet architectural et mobilier des différentes maisons, étudiées au cas par cas de façon plus au moins approfondie.


Quels sont les prochains pavillons que vous allez étudier ? Avez-vous d’autres projets d’édition ?

Sont d’ores et déjà étudiées, outre la fondation Deutsch, les maisons du Canada, de l’Argentine, de l’Arménie, ainsi que la Maison Internationale qui abrite les services généraux de la Cité, et le domaine lui-même du point de sa constitution et de son aménagement. L’enquête doit se poursuivre dans l’ordre chronologique des réalisations par l’étude des pavillons de la Belgique, du Japon puis de l’Asie du Sud-Est. Après la publication de ce Parcours du patrimoine, d’autres opérations de restitution sont prévues, notamment sous la forme d’un ouvrage de synthèse du type Cahiers du patrimoine, qui interviendra à la fin de l’enquête. Avec le centre de ressources patrimoniales de la Cité, qui est pour nous un interlocuteur très précieux, nous réfléchissons à un projet d’exposition permettant de mettre en valeur le fonds photographique constitué tout au long de l’enquête ; nous avons d’ailleurs déjà collaboré avec lui à la préparation des évènements de l’ «année Honnorat » destinée à mieux faire connaître la personnalité d’un des principaux fondateurs de la Cité internationale.

Parcours du Patrimoine, n°354,
2010, 48 pages, ill., 7€
Auteur : Brigitte Blanc. Photographe : Philippe Ayrault

Disponible dans toutes les librairies ou auprès de l'éditeur Somogy, 57, rue de la Roquette 75011 Paris. Tel. : 01.48.05.70.10. E-mail : info@somogy.fr

Possibilité de consulter et d'acheter les publications au centre de documentation du service Patrimoines et Inventaire au 115, rue du Bac 75007 Paris. Tél. : 01.53.85.59.93.

31 janvier 2010

Après la tour Roche, inquiétudes sur la tour Triangle


De l’idée…
L’information est passée à peu près inaperçue dans la presse française, alors que la presse suisse diffusait les images de la tour Roche, dont le projet à Bâle a connu quelques vicissitudes ces derniers mois. En septembre 2006, le groupe pharmaceutique suisse présentait un projet de siège social résolument novateur. Une très belle tour, au bord du Rhin. Le groupe pharmaceutique devait investir 800 millions de francs suisses (540 millions d’euros) dans la construction d'une tour de bureaux haute de 160 mètres et d'un nouveau centre de recherche, conçus par le cabinet d'architectes Herzog & de Meuron, qui trouvaient ainsi dans leur propre ville, un chantier à leur (dé)mesure. La nouvelle tour doit abriter environ 2400 employés sur 75.000 m².
Sur la base des exigences fonctionnelles du projet, Roche avait mis au point, en étroite collaboration avec les autorités, «une identité visuelle intégrant harmonieusement le nouveau bâtiment-tour au paysage urbain», selon le communiqué du groupe.

…à la réalité !
Trois ans plus tard, après des études approfondies pour intégrer les nombreuses contraintes du projet (modifications du programme, normes de sécurité, haute qualité environnementale), on a envie de dire « patatra ! ». Non pas que la tour se soit effondrée, fort heureusement, puisqu’elle n’a pas encore été construite. Mais de la belle silhouette, originale et innovante, il ne reste plus qu’un… demi-triangle... Envolées les belles circonvolutions, aux oubliettes la dynamique aléatoire et déstructurée des intentions d’origine. Le bâtiment résultant a perdu sa transparence. Il nous ramène quelque part dans les 70’s, entre ville nouvelle aux concrétisation mal maîtrisée et utopie spatiale d’une ville de demain. Bref, d’une mode à une autre.
De quoi nous inquiéter sur le devenir de la tour Triangle, porte de Versailles, qui passe en ce moment même par le prisme des mêmes contraintes environnementales (puisqu’on nous dit qu’elle sera la première tour BBC du monde) et techniques. A bientôt, sans doute, pour une nouvelle déception.

14 janvier 2010

La radicalité d'Europe Ecologie, pour changer la Région


Retrouvez la très bonne interview d'Augustin Legrand chez Karl Zero, sur BFM TV. Une analyse convaincante du rapport de force au sein de la Gauche, de ce qu'Europe Ecologie veut porter et peut apporter, de la place des citoyens dans la vie politique.


30 décembre 2009

Tours Vertes : elles ne sont pas à la hauteur !


Retour sur un article très intéressant du numéro de septembre 2009 de Science et Vie, consacré aux tours. Ou comment le « green bashing » s’applique sans grand ménagement à l’architecture, en faisant prendre des vessies pour des lanternes.

Premier constat, à l’occasion de l’inauguration de la tour Granite à la Défense en décembre 2008. Cet immeuble de 184m de haut, dernier né des tours de bureau du centre d’affaires, s’enorgueillit d’une certification de haute qualité environnementale « NF bâtiments tertiaires – démarche HQE ». Or, après examen des études thermiques évaluées par les concepteurs, il s’avère que la consommation du bâtiment (chauffage, climatisation, éclairage, ascenseurs) atteindra 191 kWh/m²/an. C’est évidemment beaucoup moins que les 400 kWh/m²/an généralement observés pour les tours de bureaux des générations précédents, mais c’est très loin de l’objectif parisien du plan climat (50 KWh/m²/an).

Deuxième constat, sur la base de données chiffrées recueillis par le bureau d’études Enertech à propos de plusieurs opérations en Europe, la tour Post Tower (162m) à Bonn, livrée en 2002 et réputée pour être un modèle du genre, consomme en réalité 228 kWh/m²/an, alors que les modélisations informatiques au moment de la construction prévoyait 137 kWh/m²/an. Olivier Sidler, d’Enertech, précise dans le dossier de Sciences et Vie que « cet écart entre théorie et mesures de terrain ne nous a pas étonnés. Il y a toujours une différence notoire entre ce que les concepteurs prévoient et les chiffres réels. Dans le cas du chauffage, par exemple, tous les calculs sont établis avec une température réglementaire de 19°C. Cette température n’est évidemment jamais appliquée dans les bureaux, parce que les gens ont pris l’habitude de travailler dans des pièces chauffées à 22 ou 23°C. » On se rappellera peut-être que la Post Tower a été évoquée par l’agence Herzog et Demeuron lors des ateliers participatifs sur la tour Triangle comme un exemple de ce qui est réalisable…

Troisième constat, l’architecture usuelle des tours rend très compliquée, sinon impossible, d’atteindre des performances énergétiques satisfaisantes : grandes surfaces vitrées, ventilation complexe, besoins spécifiques liées à la hauteur (ascenseurs), tout cela concourt à une consommation structurellement élevée. Au contraire, pour Daniel Vaniche, architecte chez DVVD, le seul obstacle est le coût. « Il faut bien se figurer que les tours vertes restent pour l’instant des prototypes qui n’ont que peu d’années d’existence, alors que les immeubles de bureau sont des standards qui ont 30 ou 40 ans ». Selon lui, « il n’y a aucune complexité structurelle ou technique à rendre ces bâtiments vraiment verts ».

Pour Olivier Sidler, en revanche, même trois fois plus performantes, les tours n’atteindront pas les exigences réglementaires issues du Grenelle de l’Environnement. Le coût est un argument des plus sérieux (cf. l’article de Jean-Michel ROUX publié sur le site contre-les-tours) et penser qu’il suffit d’aligner des zéros sur un chéquier est une autre forme de pensée contra-écologiste : autant allouer la ressource à d’autres projets plus performants et plus grands, car moins chers au m², et satisfaire ainsi davantage de besoins. Cela dévoile sans aucun doute que l’acharnement à réaliser des tours a trait à quelque chose de plus profond, comme une volonté de dépassement et de transgression, que visiblement, la raison ne permet pas de guérir.

8 décembre 2009

Compromis possible sur le 105 Losserand ?

Le conseil d'arrondissement d'hier soir a vu un long débat sur le devenir de la parcelle du 105, rue Losserand, dont on avait déjà parlé ici. Après la réunion publique houleuse qui s'est tenue le 25 novembre dernier, au cours de laquelle la SIEMP avait présenté une version modifiée mais toujours aussi peu satisfaisante de son projet, René Dutrey et moi-même avions déposé un voeu pour envisager une modification du programme, afin de permettre de sortir de l'impasse.

En effet, l'objectif de 30 nouveaux logements sur cette parcelle complexe, toute en longueur, avec de nombreuses vues donnant sur le terrain, semble difficilement compatible avec un autre objectif, celui de maintenir les activités culturelles dans la salle Marius Magnin, située au fond de la parcelle.

Après discussion avec Pascal Cherki, nous sommes arrivés à une solution de compromis, qu'il reste maintenant à faire accepter par l'hôtel de ville, afin soit d'améliorer le passage par le 49, rue de Gergovie, soit de recréer un passage par le 105, rue Losserand, en ne réalisant pas quelques logements et ni le commerce prévus.

Voici le texte du voeu adopté hier soir par l'ensemble du conseil d'arrondissement :

"Lors de la séance de novembre 2008, le conseil d’arrondissement puis le conseil de Paris ont décidé de confier à la SIEMP la réalisation d’une opération de construction de 30 logements sociaux sur les parcelles des 105, rue Raymond Losserand et 49, rue de Gergovie, ainsi que la réhabilitation des trois immeubles dont elle est déjà propriétaire au 103, rue Raymond Losserand.

Au fond de la parcelle du 105, rue Raymond Losserand, en limite de la résidence de la SAHLM SADIF, situé 90, rue du Moulin Vert se situe la salle Marius Magnin, dévolue depuis plusieurs années à des pratiques festives (bals, spectacles de fin d’année de diverses associations) et culturelles. Plusieurs séances du Conseil de quartier Pernety s’y sont également déroulées.

Afin de préserver la destination de la salle, soumise au risque d’un projet immobilier que son propriétaire aurait pu vouloir réaliser, la municipalité l’a inscrit en emplacement réservé à vocation culturelle lors de la modification du PLU intervenue en 2009. Désormais, aucun autre usage que celui-ci n’est possible, et le maire du 14e a manifesté son souhait que la Ville de Paris puisse s’en porter acquéreur, afin de la réhabiliter, de la mettre aux normes, et d’assurer à terme une programmation diversifiée, tournée vers le quartier.

Toutefois, la dernière version du projet de la SIEMP, présentée lors d’une réunion publique le 25 novembre, ne permet pas de garantir à terme le bon fonctionnement de cet équipement, et d’en utiliser tout le potentiel.

Si elle a permis d’améliorer certains points relatifs à l’insertion des constructions dans le cœur d’îlot, cette version implique en effet un accès au 49, rue de Gergovie par un hall d’immeuble d’1,80m de large, puis le long de 3 petits bâtiments résidentiels dans un étroit corridor d’environ 3m de large, qui limite considérablement l’utilisation de la salle et posera à l’évidence des problèmes de coexistence, avec des risques de conflits d’usage. Le passage existant devenu inusité au 90, rue du Moulin Vert pour éviter des nuisances aux locataires de la SADIF illustre ce que deviendra sans doute le passage par le 49, rue de Gergovie.

De plus, la desserte de la salle pour des objets encombrants (décors, pianos) n’est pas assurée.

Lors de la réunion publique du 25 novembre, le président de la SIEMP, Romain Lévy, a indiqué qu’en tant que bailleur, il était tenu par les délibérations du Conseil de Paris, et qu’il lui était impossible de faire évoluer le projet. Pourtant, il apparaît clairement aujourd’hui que ce programme a été adopté alors que les études de faisabilité n’étaient pas achevées, et que les solutions techniques permettant l’accès à la salle n’étaient pas trouvées. Pour rappel, en novembre 2008, une solution en cours d’étude était la création d’une salle de spectacle enterrée, située à l’entrée du site vers le 105, rue Losserand, moyennant la démolition de la salle actuelle. Etant donnée la complexité du site, et la difficulté de trouver un projet conciliant la réalisation de la totalité du programme de logements prévu et le bon fonctionnement de la salle, il serait de sage de réexaminer à la marge ce projets en supprimant certains bâtiments.

Aussi, le Conseil d’arrondissement émet le vœu que le Maire de Paris intervienne auprès de la SIEMP pour qu’elle réétudie, en concertation avec la mairie d’arrondissement et des représentants des usagers de la salle et des riverains, le projet d’aménagement pour d’une part améliorer l’accès à la salle et permettre ainsi le développement d’un équipement culturel de proximité dans la salle Marius Magnin et d’autre part pour réaliser le programme attendu de logements sociaux ce qui passe par la suppression du bâtiment M2 et, afin d’améliorer l’accès à la salle, soit la suppression d’un logement en rez-de-chaussée du bâtiment M1 pour réorganiser le hall et élargir le hall, soit la suppression du commerce du 105, rue Raymond Losserand."

11 novembre 2009

Oui à l'autopartage, non à autolib'


Le 9 novembre, la Mairie du 14e a présenté les implantations des stations Autolib. Retour sur les questions que pose ce projet...


Pourquoi les Verts sont-ils opposés au projet Autolib ?

Autolib n'est une réponse ni originale, ni adéquate au problème actuel des transports à Paris. Là où il faudrait redonner une partie des espaces de voirie aux cyclistes, aux piétons, aux transports en commun ou pour le stationnement, Autolib réduit de façon importante cet espace pour installer ses stations.

Autolib, c'est rajouter du trafic au trafic. Toutes les études le montrent : ce sont les personnes qui ne possèdent pas de voitures qui utiliseront Autolib, ce qui entrainera une plus grande saturation du trafic et des émissions supplémentaires de gaz à effet de serre.

Et puis, l’expérience de Vélib permet d’anticiper certains dysfonctionnements. Tous les jours, des bornes vides de vélos sont réapprovisionnées par des camions. Imaginons la même chose avec des voitures : est-on prêts à accepter la pollution de semi-remorques pour déplacer des voitures vides dans Paris ? Enfin, ce système coûte extrêmement cher pour un apport en qualité de vie dont on peut douter. Autolib est le contraire d’une politique de développement durable de la ville !

Pourtant des voitures électriques, c’est écologique ?
En ce qui concerne le véhicule électrique, nous ne savons toujours pas traiter les batteries usagées. De plus, la généralisation de la voiture électrique individuelle en France nécessiterait 30 nouveaux réacteurs nucléaires. C’est plus un cadeau fait aux industriels qu’une réelle avancée
environnementale…
Que proposent les Verts ?
Autolib va couter à l’usager à peu près autant qu’une course en un taxi intra-muros ! Nous pensons qu’il est plus logique d’améliorer et de rendre plus propre la flotte des taxis parisiens insuffisante par rapport à la demande. Avec le budget d’Autolib, nous préférerions développer les transports en commun et les espaces réservés aux piétons et aux cyclistes.
Enfin, nous proposons d’encourager le vrai auto-partage, comme cela existe déjà dans notre arrondissement avec Caisse Commune et Okigo. Ces sociétés louent des véhicules partagées à leurs adhérents le temps d’un trajet.

21 octobre 2009

Quel avenir pour Broussais ?


Rappel d’une petite histoire déjà longue

Alors que la mairie de Paris a engagé, en partenariat avec l’AP-HP, une nouvelle étude sur l’aménagement du site de Broussais et une série de réunions publiques et d’ateliers, il est utile de revenir sur la déjà longue histoire des projets envisagés à la suite de la fermeture partielle de l’hôpital en 2000, et d’indiquer les propositions des Verts.

En 2001, l’AP-HP a déjà relocalisé une partie des services présents à Broussais, et a commencé à vendre par morceaux le site. Alors que les sites de Boucicaut et Laënnec font l’objet d’une cession globale à un opérateur, Broussais est victime d’une stratégie différente de l’AP-HP : vente progressive par appartements et utilisation provisoire des locaux disponibles, pour les besoins d’autres hôpitaux parisiens en travaux ou pour des associations intervenant dans le domaine de la santé.

Dès fin 2001, les Verts demandent la réalisation d’une étude d’ensemble, visant à définir les orientations d’aménagement de Broussais, et à répondre aux attentes en matière des riverains et associations, réunis pour une partie d’entre eux dans le Collectif Redessinons Broussais.
Il a malheureusement été décidé d’engager des négociations avec l’AP-HP, sans vision globale, sur le devenir des bâtiments et de travailler au désenclavement du site, par la création d’un réseau de voies publiques. Les atermoiements de l’AP-HP à l’époque ont conduit à des négociations sans fin, dont les conclusions étaient remises en causes d’une fois sur l’autre.

L’installation de la Croix-Rouge en 2004 a contribué à redynamiser le quartier, dans le cadre d’un projet architectural de très grande qualité.

Mais, alors que les idées foisonnaient autour de l’étude sur l’aménagement des voiries d’un côté et de l’autre d’un collectif d’artistes qui s’était monté pour proposer une réutilisation éphémère de la Chaufferie afin de préfigurer un futur espace culturel, les blocages étaient nombreux : mauvaise volonté de l’AP-HP de céder ces terrains à la Ville pour la réalisation d’équipements publics, faible implication de la mairie du 14e pour promouvoir auprès de la mairie de Paris un projet novateur et ambitieux pour la Chaufferie, difficultés sur les modalités du maintien dans les lieux du centre social Didot-Broussais.

NB Le site redessinons-broussais.fr est une source intéressante pour qui veut se plonger dans le dossier. C’est un modèle que la ville de Paris pourrait adopter sur un projet d’aménagement, pour mettre à disposition tous les éléments de réflexion et de débat…


Quelques grands principes d’aménagement

Au gré de cette lente maturation, certains éléments se dessinent quand même sur l’évolution du site. Sont alors fixés quelques grands principes d’aménagement :
- Maintien d’une vocation sociale et sanitaire sur le site
- Préservation maximale du bâti existant et du plan originel du site, dans une logique patrimoniale et de développement durable (moins de démolition, c’est moins de déchets et de béton)
- Aménagement d’une promenade paysagère et artistique, au-dessus de la petite ceinture entre la rue Didot et le jardin des Arbustes
- création d’un espace culturel innovant, ouvert sur le quartier, dans l’ancienne chaufferie ;
- réinstallation sur place du centre social Didot-Broussais.

En 2006-2007, à partir de ces grand principes, un projet de restructuration ces voies et d’incorporation dans le domaine public municipal est élaboré et fait l’objet d’une enquête publique. Le schéma retenu, à la suite de cette consultation publique, est celui d’un désenclavement partiel, privilégiant les modes doux (marche, vélo) et limitant l’accès aux véhicules pour la desserte interne du site, qui ne comporte pas de places de parking en sous-sol. Mais à l’issue de l’enquête publique, le commissaire enquêteur émet un avis défavorable, ce qui remet en cause la démarche.

Fin 2007, début 2008, la Ville et l’AP-HP lance une étude urbaine d’ensemble, visant à relancer une réflexion globale sur le site. Conduite de manière classique, et technique, sans consultation des habitants, elle vise à essayer de mettre d’accord ces deux institutions sur le devenir de ce qui reste à aménager et à céder.


Le projet en 2009

Au terme de cette étude menée par le cabinet AM Environnement, la mairie a souhaité engager une démarche de concertation, qui repose sur une réunion publique, suivie d’une série de 3 ateliers thématiques, puis de deux réunions de restitution, en parallèle d’un questionnaire basé sur des scénarios d’aménagement.

La longue maturation du projet a permis de fixer, avec le temps, quelques fondamentaux, qui ont été portés par les associations et les riverains : espace culturel à la chaufferie, promenade sur la petite ceinture, par exemple. Le collectif Redessinons Broussais a porté depuis plusieurs années, sans beaucoup de moyens, une démarche de participation citoyenne que la Ville aurait dû mener elle-même. Ils ont largement contribué à ces fondamentaux devenus consensuels. Ils ont porté, dans un sens, le débat public. Mais ce n’était pas leur rôle exclusif, ou plutôt, la mairie aurait dû s’y impliquer bien davantage.

A ce stade, Les Verts 14e s’inquiètent pour plusieurs raisons de la suite donnée au projet :
· Sur le déroulement de la concertation, menée en urgence et selon des modalités insuffisantes. Les scénarios élaborés par AM Environnement sont clairement orientés. Il n’y a pas vraiment d’alternative sur le devenir du site. Il s’agit plutôt de faire valider ou évoluer à la marge par la population des projets déjà mis au point, plus que d’une véritable réflexion partagée. La rapidité avec laquelle le processus est mené n’est pas une garantie d’écoute et d’interaction.
· Sur l’absence d’une démarche d’éco-quartier que nous avions porté pendant les élections municipales. C’est la seule garantie d’une approche conciliant enjeux environnementaux, sociaux et urbains. Quid de la production d’énergie renouvelable ? Quel bilan énergétique global ? Quid de la biodiversité ? (Qui sait par exemple que la destruction de la dalle de Broussais pourrait condamner la dernière grande colonie de chauve-souris au sud de Paris ?)
· Un scénario d’ouverture à la circulation du site est privilégiée par la mairie, notamment la liaison entre rue Didot et rue Losserand, alors que sous le mandat précédent, on avait obtenu, en partie à la demande des riverains, un schéma de circulation en « marguerite » qui ne laissait pas passer de transit possible sur le site. Ce principe doit être rappelé et cet engagement tenu.
· Sur le principe de dépassement du plafond des hauteurs (de 36m à 50m). Les Verts ont exprimé leur désaccord sur la réalisation de tours à Paris. Ce quartier est déjà dense. Or, il semblerait que la mairie souhaite la réalisation d’immeubles de grande hauteur, et envisage de dépasser le plafond de hauteur (12 étages actuellement, 18 demain ?).

13 septembre 2009

Tour de Chine


Je reviens de Chine, où j’ai passé trois semaines. L’objectif de ce blog n’est pas de vous raconter mes vacances, mais il est difficile de passer sous silence les impressions perçues après ce voyage dans « l’usine du monde ». Je vous épargne donc mes remarques sur la nourriture et la muraille de Chine, pour évoquer ce qu’on peut comprendre, en tant que visiteur éphémère non sinophone, du développement et du mode de vie chinois.

Première constatation en arrivant à Pékin, dans un aéroport ultra-moderne puis en s’enfilant l’autoroute jusqu’au centre-ville, en croisant les 5 boulevards périphériques successifs, c’est le rattrapage technologique effectué et l’uniformisation du paysage. Pas de choc culturel, on est dans la métropole planétaire standard, avec son affichage publicitaire proliférant, ses embouteillages de grosses voitures climatisées, ses tours démonstratives de la puissance émergente.

Sur ce sujet, justement, le débat parisien gagnerait à s’enrichir vraiment d’expériences étrangères. D’aller y voir, plutôt que d’évoquer avec envie ou aigreur des images toutes faites de mégalopoles censées nous concurrencer.

A Pékin, Xi’an ou Shanghai, les grandes villes que j’ai vues, la tour est devenue l’habitat standard. Dans ce cas, on peut vraiment parler de fortes densités, car les prospects imposés en France pour ce type de construction n’existent pas là-bas. D’où des îlots de tours très serrées, avec peu d’espaces extérieurs. Dans ce contexte de densité, longtemps dominé par les transports publics ou la bicyclette, l’explosion de la voiture particulière est particulièrement notable. Comme quoi, tour n’est pas du tout synonyme de ville durable. Sans parler de l’efficacité énergétique des tours chinoises, elles n’empêchent en rien l’évolution vers une mobilité égoïste, qui débouche sur des élargissements de voies (les 2X4 voies sont la norme) et la séparation progressive des circulations (le retour des grandes passerelles enjambant les autoroutes urbaines, que nous cherchons à bannir en France). Elle ne signifie pas non plus libération d’espace. A Shanghai, peu ou pas d’espaces verts. A Pékin, ceux qui existent sont des parcs plusieurs fois centenaires.

La tour chinoise répond donc à une problématique inconnue ici, l’explosion urbaine et l’exode rural. Elle n’est que marginalement étalage de prestige et de modernité. Dans ce dernier cas, en revanche, il faut lui reconnaître d’avoir intégré la mixité fonctionnelle : centre commercial sur les 6 ou 7 premiers niveaux, hôtels et bureaux au-dessus, parfois connectés directement à une station de métro, permettent effectivement de créer une intensité forte, tout entière dédiée à la consommation, au luxe et à la finance. Le rêve, quoi !

De fait, le riche chinois d’aujourd’hui n’aspire qu’à une chose, la « low density community », vantée par les promoteurs immobiliers, pour créer des quartiers sécurisés de maisons individuelles, avec une homogénéisation sociale similaire aux « gated communities » américaines. C’est d’ailleurs un autre effet de la mondialisation capitaliste, l’accroissement des inégalités spatiales et territoriales, avec l’émergence manifeste de ghettos sociaux, par le haut.

L’expérience de la tour chinoise est donc difficilement transposable à Paris, encore plus en France : elle rappelle le grand ensemble des années 1960, en plus moderne et mieux équipée, mais en plus dense aussi. A défaut, elle représente comme à Dubaï une course effrénée, et complètement vaine (vaniteuse ?) à la hauteur, symbole d’un capitalisme financier triomphant, qui semble dater d’une autre époque, celle d’avant la crise…

7 septembre 2009

Avant-projet de loi sur le Grand Paris : un petit goût du Second Empire


L’année 2010 va voir le 150ème anniversaire de l’annexion des arrondissements périphériques parisiens, rattachés à la capitale par un décret impérial de 1860. Est-ce un avant goût des festivités qui pourraient être envisagées pour l’année prochaine, qui a incité le petit Nicolas à se mettre dans les pas de Napoléon le Petit ? En tout cas, l’avant-projet de loi sur le Grand Paris (l’APLGP) diffusé cet été tient manifestement à s’inspirer de pratiques d’un autre temps pour dessiner le visage de la métropole de demain. On a parlé de l’Après-Kyoto, on a plutôt l’impression de remonter le temps !



Que propose ce projet de loi, en effet, sinon :



  • de museler l’opinion en empêchant le débat public,

  • de reconcentrer la politique d’urbanisme et d’aménagement aux mains de l’Etat, faisant fi du commencement d’organisation métropolitain,

  • de créer une nouvelle structure d’aménagement, alors que l’Ile-de-France étouffe déjà sous le trop plein de SEM, EPA et autres EPF capables de mener à bien le projet urbain à concevoir.

En 2002 avait été créée la Commission Nationale du Débat Public, instance indépendante chargée d’organiser la consultation du public sur les grands projets d’aménagement et d’infrastructure. Les modalités de ce débat, dans bien des cas, sont déjà peu contraignantes pour les maîtres d’ouvrage, les projets déjà bien avancés étant soumis au débat avec peu de marge de manœuvre pour les faire évoluer, sauf mobilisation très forte. Mais l’APLGP propose ni plus ni moins de décharger la CNDP du débat sur les projets d’infrastructures du Grand Paris, en confiant à la société d’aménagement créée à cette occasion le soin de l’organiser elle-même. La CNDP pourra désigner un observateur !...pour un débat prévu pour durer 4 mois (encore « ! »).


La Société du Grand Paris, justement. Voilà qui sonne vraiment Haussmannien. Cet établissement public supplémentaire (alors qu’existent déjà en Ile-de-France plusieurs structures du même type (AFTRP, EPA Plaine-de-France…), des établissements public fonciers, des société d’économie mixte départementales, communales, régionales…) bénéficiera de pouvoirs assez exorbitants : organisation du débat public, on l’a dit ; dérogation aux règles de la mise en concurrence imposées par l’Union Européenne pour la réalisation d’opérations d’aménagement ; propriétaire et exploitant de galeries commerciales et de bureaux dans les gares à construire ; dérogation à la loi sur les contrats de maîtrise d’œuvre ; fournisseur du matériel roulant livré à l’entreprise qui exploitera la ligné de métro automatique… Bref, un Etat dans l’Etat, capable d’exproprier, de valoriser les terrains, de louer des immeubles, de définir ses propres priorités, etc.


Last but not least, l’Etat pourra également mettre au point des « projets territoriaux stratégiques », sur lesquels les collectivités locales émettront un simple avis avant arrêté du conseil d’Etat, susceptibles de se substituer aux schémas de cohérence territoriale et aux plans locaux d’urbanisme. On ne sait pas si c’est la Société du Grand Paris qui les réalisera, les services déconcentrés de l’Etat n’ayant presque plus de compétences dans le domaine de l’urbanisme. Mais à l’évidence, la volonté de mettre en coupe réglée les élus locaux est manifeste.

1 juillet 2009

Le conseil du 14e se prononce pour un moratoire sur les antennes relais !


La mairie du XIVème a adopté lundi soir à l'unanimité un voeu instaurant un moratoire sur toute nouvelle installation d'antennes relais dans l'arrondissement d'ici à la renégociation de la charte sur la téléphonie mobile entre la Ville et les opérateurs qui se termine fin 2009.
Dans un communiqué mardi, René Dutrey, à l'origine de la proposition, souligne que "ce moratoire prendra fin uniquement si la révision de la Charte de Paris intègre un seuil d'exposition du public aux champs électromagnétiques à 0,6 volts par mètre", seuil de précaution recommandé par un grand nombre d'experts.


Le conseil d'arrondissement souhaite également que le maire de Paris retienne le XIVème arrondissement pour expérimenter un seuil maximum d'exposition à 0,6 volts par mètre.

Le voeu a reçu le soutien du maire PS du XIVème Pascal Cherki. M. Dutrey affirme que "c'est une première en France en matière de téléphonie mobile" et que les Verts "se félicitent d'être rejoints sur la nécessité d'appliquer le principe de précaution en matière de téléphonie mobile".

La "conférence parisienne ondes, santé, société" a récemment recommandé la prudence sur les antennes relais et le wifi, préconisant notamment l'abaissement du seuil d'exposition aux ondes électromagnétiques à 0,6 volt/mètre, alors que le seuil actuel à Paris est fixé à 2 volts/mètre.

16 juin 2009

La politique autrement : du système propriétaire au logiciel libre


La tribune de Dany Cohn-Bendit dans le Monde daté du 16 juin reflète exactement ce que je pense du bilan de cette élection et des perspectives qu’elle ouvre à l’écologie politique. Pourquoi se lancer dans un commentaire, alors ? vous direz vous… Pour tenter de mettre mes mots derrière cette réflexion, et d’y ajouter la vision du militant et de l’élu local que je suis, simplement et modestement.

Que dit Dany ? Que l’attitude traditionnelle des partis politiques est de considérer les voix et les électeurs comme leur appartenant, et que cette conception, dépassée, traduit une vision du rôle du parti politique dans la société qui n’est plus tenable. Les manœuvres d’appareil, sur la base de calculs d’apothicaires, tout comme la fabrication d’une pensée descendante, transmise par des cadres éclairés à leurs militants, chargés de diffuser la bonne parole dans l’électorat, ne sont plus de mise.

Une organisation pour une vision différente

L’écologie politique, telle qu’elle est en train de s’organiser avec Europe Ecologie, participe d’une logique totalement contraire, qui est d’ailleurs subtilement en phase avec la vision qu’ont les écologistes de la société. Europe Ecologie, c’est d’abord un réseau, certes appuyé sur les Verts, mais dans lequel ces derniers ont accepté de partager complètement les processus de décision et d’action. C’est un rassemblement autour d’idées faisant consensus, autour d’une perception commune de l’intérêt supérieur de la planète et des humains qu’elle accueille. Cela a permis de mettre de côté le fonctionnement d’appareil des Verts, différent mais qui n’a rien à envier à celui d’autres partis politiques.

Or ce réseau permet aux citoyens de s’identifier à une façon différente de parler et de faire de la politique. Dans un sens, le Bayrou des élections présidentielles, avait déjà trouvé une autre façon de le faire, en s’appuyant sur le dépassement d’un clivage gauche-droite autoreproductif et autojustifiant, reposant souvent sur des postures de principe, ce qui explique qu’au-delà des mots, la façon de gérer de la gauche ou de la droite pouvait se ressembler. Mais là où Bayrou nous servait un discours sur la forme des institutions, censé être pragmatique, mais ne disant rien sur le fond, Europe Ecologie a réussi à mettre du contenu : changer le système de production et de consommation, mettre de l’humain et de l’écologie dans l’économie, lutter contre les multinationales et leurs impacts effrayants en terme de corruption politique, de misère sociale et de dégradation environnementales, faire de l’Europe un espace de développement durable, etc.

De la mesure en toute chose

Ne nous enflammons pas ! Le « nous sommes en marche » qui conclue la tribune de Dany est, malgré sa rhétorique un brin révolutionnaire, à prendre comme l’expression d’une volonté, pas comme le signal adressé par notre leader à ses fidèles, au commencement de la grande aventure de la révolution écologiste après celle du Christ ou de Lénine dans son train blindé… L’élection européenne est particulière, par son mode de scrutin, par l’abstention importante qui la caractérise, par la distance entre l’institution européenne et le citoyen qui lui fait penser que s’agissant d’un lieu lointain, aux pouvoirs jugés moindres, il peut « se faire plaisir ».


Evidemment, des électeurs habituels du PS ont signifié qu’ils étaient prêts à voter autrement à gauche si la social-démocratie ne se remettait pas sérieusement en cause. Bien entendu, l’impact du film de Yann Artus-Bertrand est à prendre en compte (cela dit, quoi de plus normale que la prise de conscience de la crise écologique, depuis le temps qu’on alerte à ce sujet). Et oui, M. Delanoé, Dany Cohn-Bendit a une image au moins aussi positive que la votre, et peut faire se déplacer des électeurs sur son nom, comme vous l’avez fait l’année dernière. Tout ça est vrai.

Il n’empêche, ce succès – dont l’ampleur et le relais médiatique sont impressionnants depuis quelques jours – signifie au-delà de ces contingences certes importantes qu’il est peut-être enfin possible de faire passer un message en contrepoint de la bienpensance croissanciste, et de sa vision réductrice de la solution à nos problèmes. Et que ce message suppose un canal lui-même différent.

Pour un nouvelle forme de coalition

De fait, le score d’Europe Ecologie nous conforte dans notre stratégie d’autonomie. Parce que nous avons une analyse différente, parce que nous avons des propositions originales, parce que notre fonctionnement interne, et désormais externe, est autre, nous devons offrir une alternative aux électeurs. Parfois ils nous donnent tort (aux dernières municipales à Paris), parfois raison, mais nous n’avons pas à mettre de côté nos spécificités pour gagner quelques places de plus dans les assemblées élues. Et après tout, vox populi, vox dei : il faut respecter leurs choix, sans tomber dans les travers de la démocratie d'opinion tout en entendant que notre message ne passe pas toujours comme nous pensons qu'il passe.


Cela dit, comme l’indique Dany, autonomie n’est pas isolement. Il faut donc inventer une nouvelle forme de coalition avec les partis politiques qui sont d’accord pour gouverner avec nous sur les bases de nos propositions, tout en intégrant les leurs. Il faut aussi adapter notre posture aux circonstances, et aux modes de scrutin. Ne pas faire perdre la gauche quand elle est globalement menacée. Nos nouveaux électeurs ne nous le pardonneraient sans doute pas. La voie n’est donc pas toujours très large, pour faire entendre la nécessité de l’autonomie au premier tour et l’exigence du rassemblement au second. Elle doit être d’ores et déjà expliquée pour les élections régionales, dans quelques mois. L’enjeu, c’est bien le projet d’une éco-région, qui suppose de satisfaire deux conditions nécessaires : un score écolo élevé au premier tour, et une victoire de la gauche et des écologistes au second.

8 juin 2009

L’espoir en vert !


Avec près de 29% des voix, la liste Europe Ecologie conduite par Dany Cohn-Bendit et Eva Joly est arrivée en tête dans le 14e arrondissement, devant les partis traditionnels de la gauche et de la droite. C’est d’abord - ne le cachons pas - une très bonne surprise, mais c’est surtout, évidemment, un message d’espoir et d’encouragement que nous ont adressé les 12 029 électeurs qui ont choisi nos candidats. Un message réfléchi et sérieux, celui d’une urgence. Urgence à traiter à l’échelle européenne la question vitale du changement climatique. Urgence à s’engager dans un mode de développement et de consommation différent, respectueux des hommes et de la planète qui les accueille. Urgence à faire évoluer l’Europe vers plus de démocratie et de solidarité. Urgence enfin, à répondre à une crise grave, qui exige une remise en cause du capitalisme et du productivisme, tel qu’il a modelé le monde depuis 50 ans.

Bien entendu, ce score est aussi une adresse au Parti socialiste, et aux contradictions nombreuses qui l’habitent. Cela n’est pas à nous de lui dire comment il doit évoluer. Gageons simplement que la Gauche, dans son ensemble, saura entendre l’expression d’un appel à d’autres pratiques politiques, à la fin d’un hégémonisme dépassé, à une intégration réelle des enjeux du développement durable, dans toutes ses composantes. Certes, le PS a déçu, mais je suis certain que ce vote est aussi un vote d’adhésion à une autre façon d’envisager la politique et d’agir sur le monde.

Merci à toutes celles et à tous ceux qui ont mené cette campagne de terrain, qui ont participé à nos actions et ont su impulsé une dynamique exceptionnelle. Et merci bien entendu aux électrices et électeurs qui nous ont fait confiance.

Le travail commence pour nos 14 députés européens, dont les deux têtes de liste franciliennes sont particulièrement attachés au 14e, où ils résident ou ont résidé. On compte sur eux pour venir régulièrement nous tenir informé de leur action, et faire aimer l’Europe (qui en a vraiment bien besoin, vu l’abstention).

La « vague verte » est particulièrement forte à Paris (voir les résultats). Elle signifie beaucoup pour nous, un an après avoir connu une relative déconvenue aux élections municipales, où nos listes avaient sensiblement reculé par rapport à 2001. Elle vient nous conforter dans nos analyses, et dans notre rôle d’élu de terrain, au quotidien. Elle traduit un potentiel formidable pour pousser des programmes d’action publique sérieusement écologistes, et pour faire de Paris le laboratoire d’une écocité. Elle nous confère, en tout cas, une responsabilité plus forte que jamais. Elle va, je l’espère, nous permettre de réorienter la politique municipale et y remettre l’ambition écologique qui l’animait dans le mandat précédent. Pour tout cela, merci encore.

18 mai 2009

Le préfet de Police sursoit à la démolition du 130, rue du Château






Rebondissement dans l’affaire du 130, rue du Château. Vous vous souvenez sans doute que ce site, l’une des dernières traces de courée faubourienne de l’arrondissement, était menacé de démolition à la suite d’une procédure de péril, qui arrangeait bien le propriétaire des lieux, qui souhaite réaliser une opération immobilière (voir article du 18 mars dernier).
La Ville de Paris avait engagé une démarche d’expropriation, afin de réhabiliter le site, mais celle-ci était remise en cause (voir odj du conseil d'arrondissement du 2 mars dernier).
A la suite du vœu voté en Conseil d’arrondissement et d’une saisine de Pascal Cherki au Préfet, celui-ci, dans un courrier du 11 mai, annonce qu’il a « décidé de surseoir à la prise de l’arrêté de péril en démolition ».
Dans son courrier, il rappelle que « toutes les façades se faisant face ont été bloquées entre elles par un échafaudage tubulaire […]. Dans ces conditions, le risque d’effondrement pas poussée au vide est provisoirement écarté ». Soulignant que « les bâtiments qui ne sont plus entretenus et qui sont exposés aux intempéries continuent de se dégrader », il indique qu’étant donné le projet de la Ville de Paris, il accepte de reporter sa décision, et demande « à être tenu informé des avancées et délais de réalisation prévisionnels du projet de réhabilitation ».
La balle est maintenant dans le camp de la Ville de Paris, qui doit obtenir l’expropriation de la parcelle.